Anti-âge

L’histoire et l’utilisation du Safran au fil des siècles

Histoire du Safran

Le safran a une histoire plus que fascinante qui s’étend sur plusieurs millénaires et qui a laissé une véritable empreinte sur de nombreuses civilisations à travers le monde. Découvrez, un aperçu de son importance au fil du temps…

Civilisation Égéenne (Santorin)

Les racines historiques du safran en font une épice majeure de l’art culinaire, une précieuse plante médicinale, une matière tinctoriale essentielle, un élément de la palette des parfumeurs … Quant à la place du safran dans la pharmacopée, elle remonte à la plus haute Antiquité, la civilisation Égéenne datant d’il y a 4 000 ans. 

Nous en avons la preuve grâce à des fresques mises à jour par des archéologues sur le site d’Akrotiri, au sud de l’île de Santorin, dans la mer Egée. Le parfait état de conservation de ces fresques d’Akrotiri s’explique par une violente éruption qui recouvrit de cendres l’île de Santorin, comme à Pompéi, ce qui fossilisa les bâtiments. Trois fresques différentes représentent le safran. Sur l’une, on voit des femmes recourbées, ramassant de petites touffes de fleurs de crocus que les archéologues et les botanistes ont identifiées comme étant celles de safran. 

Sur une autre fresque, on voit ces fleurs de safran venant d’être cueillies déposées au sol par des jeunes filles. Sur la troisième fresque enfin, on voit une femme agenouillée qui pose des fleurs de ce même crocus pour soigner un pied accidenté, touché par une large blessure. Ces fresques d’Akrotiri ont été interprétées par des spécialistes américains de l’ethnopharmacologie de l’Université de Philadelphie comme étant la preuve qu’il y a 4 000 ans le safran était considéré comme un remède.

Civilisation Sumérienne (Perse)

On trouve du safran dans les vestiges la civilisation sumérienne. Dans la Perse ancienne, le safran était cultivé comme en témoignent les filaments de safran tissés dans les tapis royaux. Le safran était utilisé par les Perses comme colorant jaune, comme parfum et comme remède. Des filaments de safran étaient dispersés sur les lits des gens souffrant de ce que l’on appelait alors la mélancolie.  

Les filaments de safran étaient utilisés par les Perses dans leur nourriture pour une autre raison : ils lui attribuaient des vertus aphrodisiaques, et cet usage sur la stimulation sexuelle du safran est une constante dans l’histoire.  

Les Perses mettaient du safran mélangé à du bois de santal dans l’eau de leur bain, aux thermes, pour atténuer les brûlures du soleil. La culture du safran se développa ensuite dans l’actuelle Turquie, autour de la cité de aSafranbolu, et aujourd’hui encore chaque année cette ville organise un festival lors de la récolte du safran à l’automne.

Assyriens, Phéniciens, Hébreux, Babyloniens

La civilisation Assyrienne, au temps de l’empereur Assourbanipal, faisait un double usage du safran, culinaire et médicinal. Les Assyriens organisaient chaque année une procession, culte rendu à la floraison du safran qu’ils considéraient comme magique.  

Une jeune vierge cueillait des fleurs. Les prêtres prélevaient les stigmates et les dispersaient en surface du Tigre. Selon les volutes dessinées sur l’eau par le safran, ils interprétaient le destin du peuple pour l’année à venir.  

Chez les Phéniciens, la nuit de noce se passait dans des draps teintés de safran afin de stimuler l’ardeur de l’homme et la fécondité de l’épouse

On retrouve ce symbole à la même époque chez les Hébreux, Salomon comparant son épouse, le jour de son mariage, à un jardin de safran. La jeune mariée se couvrait le visage avec un voile teinté de safran. 

Les Babyloniens fabriquaient une pommade au safran qui avait un double usage, embellir la femme et soigner les plaies, cicatriser les blessures

Il était d’usage, lors des cérémonies religieuses, de brûler des stigmates de safran pour purifier les sanctuaires. On retrouve aussi le safran cultivé à Soli, sur la côte de Sicile, pour la fabrication de pommades à usage médicinal.  

La visite de la belle Bilqîs, reine du mystérieux Royaume de Saba, au roi Salomon, fit connaître à Jérusalem et au Moyen-Orient les épices et plantes aromatiques d’Arabie et de Perse, au nombre desquelles le safran.

Civilisation Égyptienne

Plus tard, dans l’Égypte Ptolémaïque, Cléopâtre incorporait du safran dans ses bains pour ses propriétés adoucissantes. Ce même safran servait à épicer les plats qui étaient servis à ses partenaires sexuels, toujours pour la même raison (sa réputation d’aphrodisiaque) et l’on sait combien Cléopâtre avait à ce sujet un grand appétit …  

Les guérisseurs égyptiens de cette époque utilisaient le safran pour soigner les maux d’estomac et les problèmes intestinaux. Ce traitement se composait de safran mixé avec de la graisse, de la coriandre et de la myrrhe. Cela constituait un onguent servant à préparer un cataplasme devant être appliqué à même le corps.  

En cas de problème urinaire, les Égyptiens faisaient prendre une macération de safran dans de l’huile. Par ailleurs, les Égyptiennes maquillaient leurs yeux avec un khôl obtenu en broyant de la poudre d’antimoine, du safran et des clous de girofle. 

Le safran entrait également dans la composition du kyphi, cette préparation aromatique servant d’encens dans l’ancienne Egypte. Le kyphi était obtenu en mélangeant le safran, la myrrhe, la cardamome, le galanga, le mastic, la cannelle, le benjoin, la rose de Damas, le lemongrass, le jonc odorant, le genévrier, l’oliban, le bois de santal, la résine, le jonc odorant, le fenugrec, la pistache, les fleurs de genêt …  

Ce kyphi était alors brûlé tel l’encens, et il répandait un parfum aromatique doux ayant un effet relaxant. Les Égyptiens disaient que, brûlé le soir, le kyphi efface les soucis de la journée. Plutarque écrit : « Le Kyphi apporte le sommeil et apaise l’anxiété ». Avec le kyphi, les Égyptiens fabriquaient aussi des onguents qu’ils appliquaient sur la peau à des fins cosmétiques ou thérapeutiques. Ces onguents étaient conservés dans des vases en albâtre. L’un des plaisirs des Égyptiennes était de faire brûler un petit cône de kyphi pour parfumer leurs cheveux et leur corps.

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Wikipedia

 

 

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